Mise à jour le samedi 23 octobre 2021 à 09h15

100 romans du Monde « Le Monde » vous convie à un grand voyage dans la littérature française et internationale à travers une sélection de 100 livres. Sélection des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé « Le Monde » depuis 1944.



Un grand voyage dans la littérature française et internationale à travers une sélection de 100 livres



Tiphaine Samoyault, dans l’entretien qu’elle accorde au Monde, résume en une phrase cette sélection : « Cette liste a aussi la beauté des listes, celle des cohabitations improbables, des bons et des mauvais voisinages, et puis surtout des manques, un manque pour chacun ou chacune qui lit la liste. C’est d’abord ce que l’on aime dans les listes, repérer ce qui manque, “pour moi”. » En partenariat avec Le Monde, Dicocitations propose, à partir de chaque page auteur (biographie et première page des citations) ainsi que de l'oeuvre sélectionnée, un lien pour que vous puissiez lire la critique littéraire. Près de 100 romans ont un lien vers la critique du Monde. soit 100 % de la sélection.

Liste des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé « Le Monde » depuis 1944.




  • Aurélien de Louis Aragon - « Aurélien », de Louis Aragon : le roman d’un amour impossible
    L’indifférent Aurélien n’a jamais aimé, ce qui n’empêche pas d’avoir beaucoup de femmes. Il en rencontrera une pourtant, une provinciale de passage, qui ne ressemble à aucune autre. Aragon excelle à peindre ce Paris de l’entre-deux-guerres.



  • Le Zéro et l’infini d’Arthur Koestler - Arthur Koestler - « Le Zéro et l’infini » d’Arthur Koestler : dans les méandres d’une âme révolutionnaire russe
    Ce livre apporte un éclairage sur les mystérieux procès de Moscou où l’on put s’étonner de voir les inculpés reconnaître publiquement leurs torts à l’égard du Parti communiste et trouver juste et mérité leur châtiment



  • Famille Boussardel de Philippe Heriat - Philippe Heriat - « Famille Boussardel », de Philippe Heriat : une saga balzacienne
    Le romancier nous fait assister à l’ascension bourgeoise des descendants d’un fonctionnaire de l’Empire. L’aïeul, le père, les enfants, les brus, les petits-enfants vivent sous nos yeux, animés du même génie héréditaire, occupés de leur seule fortune.



  • Moïra de de Julien Green - Julien Green - « Moïra », de Julien Green : dans l’âme d’un jeune puritain soumis à ses refoulements
    Tout entier commandé par la préoccupation particulièrement protestante du conflit de la pureté et du péché dans l’âme d’un jeune puritain, ce roman émouvant, serré, sans bavure est un grand livre.



  • La Haute Mort Paul Vialar - Paul Vialar - « La Haute Mort », de Paul Vialar : point final et magistral d’un roman-fleuve
    Cet ultime volet de l’œuvre en huit tomes explique superbement son titre, « La mort est un commencement ».



  • Le Sagouin de François Mauriac - François Mauriac - « Le Sagouin », de François Mauriac : le village des damnés
    Le romancier ne nous épargne rien dans cet épouvantable drame familial, dont tous les personnages sont dans l’abjection comme dans leur élément vital.



  • Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq - Julien Gracq - « Le Rivage des Syrtes », de Julien Gracq : un peu de poésie en attendant la guerre
    Dans un style obscur et magnifique, Julien Gracq dépeint un Etat sclérosé, précipité dans le chaos après l’arrivée d’un jeune homme.



  • Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar - Marguerite Yourcenar - « Les Mémoires d’Hadrien », de Marguerite Yourcenar : l’autobiographie sublimée d’un empereur romain
    Dans ce roman à la première personne, la romancière joue si bien le jeu de l’autobiographie qu’on croirait parfois lire une traduction du latin.



  • La Fin d’une liaison de Graham Greene - Graham Greene - « La Fin d’une liaison », le plan divin de Graham Greene
    L’auteur signe son œuvre la plus authentique, la plus profonde et aussi la plus catholique.



  • Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck - Béatrix Beck - « Léon Morin, prêtre », de Béatrix Beck : l’athéisme intranquille
    D’un côté, « Léon Morin, prêtre », récit d’une conversion sur fond de tentation. De l’autre, « Larmes et Lumière à Oradour », enquête spirituelle autour des victimes d’un massacre.



  • Bonjour tristesse de Françoise Sagan - Françoise Sagan - « Bonjour, tristesse », de Françoise Sagan : un petit chef-d’œuvre de cynisme et de cruauté
    Tout semble fade après la lecture de ce livre, écrit par une jeune fille de 18 ans, probablement très pure, mais d’imagination inventive.



  • Alexis Zorba de Nikos Kazantzakis - Nikos Kazantzaki - « Alexis Zorba », de Nikos Kazantzaki : enfant joyeux de la Terre et du destin
    Avec beaucoup de talent, Kazantzaki a doté Zorba d’une bonhomie naturelle, d’une souriante philosophie de la vie, qui font défaut aux aigris.



  • La Modification de Michel Butor - Michel Butor - « La Modification », ou le don de voir extraordinaire de Michel Butor
    Malgré un système d’écriture pesant fondé sur la répétition et la peinture obsédante des choses, l’écrivain se révèle un psychologue hors pair. Il signe un des romans les plus importants de l’année.



  • Le Docteur Jivago de Boris Pasternak - Boris Pasternak - « Le Docteur Jivago », de Boris Pasternak : héritier des grands romans russes du XIXe siècle
    Vaste fresque sur fond de guerre civile, le roman-fleuve de Boris Pasternak n’a rien d’un réquisitoire contre le régime. Il a pourtant été censuré en URSS.



  • La Gloire de mon père de Marcel Pagnol - Marcel Pagnol - « La Gloire de mon père », de Marcel Pagnol : la force de la simplicité
    Faconde merveilleuse, fraîcheur de son cœur et drôlerie : Marcel Pagnol n’a jusqu’ici rien fait de mieux que ce récit de ses souvenirs d’enfance en forme d’hagiographie filiale.



  • Le Dernier des Justes d’André Schwarz-Bart - André Schwarz-Bart - « Le Dernier des Justes », d’André Schwarz-Bart : roman-documentaire puissant sur l’antisémitisme
    Récit des épreuves d’une famille juive et de l’héroïque essai de résistance de l’un des siens dans l’Allemagne nazie, le livre d’André Schwarz-Bart, au style sans délicatesse, est porté par un souffle extraordinaire.



  • La Promesse de l’aube de Romain Gary - Romain Gary - « La Promesse de l’aube », de Romain Gary : aussi grand que l’amour d’une mère
    Dans ce livre d’inspiration autobiographique, le lauréat du prix Goncourt 1956 met en scène l’amour débordant de sa mère. Si outrageant que l’on peine à y croire, mais envoûtant et sublime.



  • Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry - Malcolm Lowry - « Au-dessous du volcan », de Malcolm Lowry : on ne peut pas vivre sans aimer
    C’est le propre des chefs-d’œuvre littéraires que de rester non pas inconnus mais souvent hors de portée, de heurter la logique et les habitudes. Ce livre ne fut reconnu largement qu’après la mort de son auteur.



  • L’Attrape-cœur de J. D. Salinger - J. D. Salinger - « L’Attrape-cœur », de J. D. Salinger : seule l’enfance ne triche pas
    Pour Salinger, l’enfance est l’âge de la rigueur, de la vérité, de l’intransigeance, hors desquelles il n’y a ni vie ni joie.



  • Le Procès-verbal de J. M. G. Le Clézio - Le Clézio - « Le Procès-verbal »: J. M. G. Le Clézio, un poète à ranger du côté des voyants
    A travers l’histoire d’un homme vivant retranché du monde, dans une villa au bord de la mer, le jeune écrivain impose sa perception décalée du monde.



  • Les Mots de Jean-Paul Sartre - Sartre - « Les Mots », de Jean-Paul Sartre : se raconter pour exister
    Dans ce livre autobiographique, le philosophe et écrivain revient sur son enfance bourgeoise et les croyances dont il a dû s’affranchir pour atteindre l’individu en lui. Un essai écrit d’une belle plume.



  • De sang-froid de Truman Capote - Truman Capote - « De sang-froid », l’absolue vérité du crime par Truman Capote
    L’auteur peint sans artifice et dans un style d’une rare perfection le meurtre d’une famille de fermiers de l’Amérique profonde.



  • Le Polygone étoilé de Kateb Yacine - Kateb Yacine - « Le Polygone étoilé », de Kateb Yacine, pour l’amour de l’Algérie
    C’est le livre fondateur de la littérature algérienne moderne. L’auteur y mèle plusieurs formes narratives et rappelle son attachement à sa terre natale, partagé par tous les exilés, auxquels il rend ici hommage.




  • Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov - Mikhaïl Boulgakov - « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, le chef-d’œuvre étouffé par l’U.R.S.S. de Staline
    Ce « Faust » soviétique, rédigé entre 1929 et la mort de son auteur, en 1940, aura mis près de trois décennies à être traduit en français.



  • V de Thomas Pynchon - Thomas Pynchon - « V », de Thomas Pynchon : un génial foisonnement picaresque
    Mêlant tous les genres littéraires, l’auteur surdoué de ce livre pavé retrace l’enquête menée par un beatnik new-yorkais sur la mort de son père, agent secret, à Florence...



  • La Femme des sables de Kôbô Abe - Kôbô Abe - « La Femme des sables », de Kobo Abe : une étrangeté saisissante
    En même temps que son héros, un chasseur d’insectes pris dans des sables étouffants, ce livre plonge le lecteur dans les abîmes de la condition humaine, faite d’illusions… et de désespérance.



  • Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez - Gabriel García Márquez - Dans « Cent ans de solitude », de Gabriel Garcia Marquez, le rêve coexiste avec la réalité
    Phare de la littérature latino-américaine, le chef-d’œuvre de l’auteur colombien juxtapose cadre historique et géographique, références socio-culturelles vraisemblables et motifs surnaturels.



  • Belle du Seigneur d’Albert Cohen - Albert Cohen - « Belle du Seigneur », d’Albert Cohen, ou l’amour au très long cours
    300 pages d’introduction et 700 de plus pour une histoire d’amour ultime. Avec ce livre, Albert Cohen prouve que le travail de l’écrivain consiste à remuer de la vie, de la passion, des idées…



  • Les Garçons d’Henry de Montherlant - Henry de Montherlant - « Les Garçons », d’Henry de Montherlant, splendeurs et misères des amitiés particulières L’auteur reprend le canevas de son œuvre de jeunesse « La ville dont le prince est un enfant » dans ce roman mettant en scène les pensionnaires d’un collège catholique.



  • Le Général de l’armée morte d’Ismail Kadaré - Ismail Kadaré - « Le Général de l’armée morte », d’Ismail Kadaré : une révélation
    Un général italien parcourt l’Albanie à la recherche des restes des combattants tombés pendant la seconde guerre mondiale. Un livre satire qui a révélé Ismail Kadaré à la France vingt ans avant qu’il y trouve refuge.



  • Louons maintenant les grands hommes de James Agee - James Agee - « Louons maintenant les grands hommes », de James Agee : l’Amérique des humbles
    En 1936, le journaliste, accompagné par le photographe Walker Evans, partait vivre « en immersion » dans trois familles de Blancs pauvres de l’Alabama. Ils en sont revenus avec un livre hommage éblouissant.



  • L’Archipel du goulag de Soljénitsyne - Soljénitsyne - « L’Archipel du goulag », de Soljénitsyne, un réquisitoire contre les totalitarismes du XXe siècle
    Cet « essai d’investigation littéraire » a coûté au dissident soviétique sa nationalité et l’a forcé à l’exil. Etude monumentale d’un système pénitentiaire, le livre communique la vérité, à première vue incommunicable, sur les aberrations criminelles du XXe siècle et de ses idéologies totalitaires.



  • Le Carnet d’or de Doris Lessing - Doris Lessing - « Le Carnet d’or », de Doris Lessing : une femme raconte et se raconte
    La lutte, contre le chaos, contre la fuite, l’éparpillement, est au centre de ce roman complexe de Doris Lessing. Elle peint le portrait puissant d’une femme en quête de sa propre identité, personnelle et politique.



  • La Storia d’Elsa Morante - Elsa Morante - « La Storia », d’Elsa Morante, une saga italienne au temps de la guerre
    Avec un souffle exceptionnel, l’auteure italienne fait revivre les horreurs de la guerre dans une fresque à la fois historique et populaire. Un livre éblouissant.



  • La Vie mode d’emploi de Georges Perec - Georges Perec - « La Vie mode d’emploi », le monstrueux exploit de Georges Perec
    Une somme, une fresque, un puzzle : à travers la description d’un immeuble, de ses habitants comme des objets qui les entourent, le romancier définit la vie et comme on peut la vivre… Ou la subir.



  • Mars de Fritz Zorn - Fritz Zorn - « Mars », de Fritz Zorn : cancer de l’âme, cancer du corps
    Le seul livre du Suisse-Allemand est aussi un chef-d’œuvre. Il y témoigne d’une vie, la sienne, rongée par le conformisme de son milieu social et familial, avant qu’un cancer l’éteigne.



  • Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov - Varlam Chalamov - « Récits de la Kolyma », de Varlam Chalamov, l’autre témoignage du goulag
    Quand la mort n’est pas pire que la vie… Avec ce livre, ensemble de récits sur les camps staliniens, l’auteur, un rescapé, démontre que témoignage historique et littérature sont compatibles.



  • Tristesse et beauté de Yasunari Kawabata - Yasunari Kawabata - « Tristesse et beauté », de Yasunari Kawabata : pour en finir
    L’ultime roman du Japonais annonce ses retrouvailles avec les morts. Dans ce livre désenchanté, il est question de l’amour, du temps, perdu et impossible à rattraper. Un temps orphelin, comme l’auteur.



  • La Case du commandeur d'Edouard Glissant - Édouard Glissant - « La Case du commandeur », une grande folie d’Edouard Glissant
    Inséparable du « Discours antillais » de l’auteur, ce livre porte non seulement les questionnements du Martiniquais sur ses origines, mais il le place aussi parmi les écrivains majeurs de son siècle.



  • Le Nom de la rose d’Umberto Eco - Umberto Eco - « Le Nom de la rose », best-seller médiéval d’Umberto Eco
    Dans ce roman policier historique, Umberto Eco parvient à mêler une enquête captivante et une fine analyse des tourments qui agitèrent la chrétienté au XIVe siècle.



  • Femmes de Philippe Sollers - Philippe Sollers - « Femmes », de Philippe Sollers : chronique rusée d’un libertin catholique
    Se présentant comme un manifeste antiféministes, ce livre est avant tout l’hymne à la liberté d’un Don Juan plongé dans l’enfer d’une société qui serait dominée par les femmes.



  • La Mer, la mer d'Iris Murdoch - Iris Murdoch - « La Mer, la mer », Iris Murdoch et ses monstres
    Dans son treizième roman publié en français, l’écrivaine et philosophe britannique pointe à nouveau l’absurdité du comportement humain. Un livre teinté d’humour et de légèreté qui n’entament pas la profondeur du propos.



  • Les Enfants de minuit de Salman Rushdie - Salman Rushdie - « Les Enfants de minuit », de Salman Rushdie: une montagne de « sang, de sueur, de larmes » et d’humour
    Avec son deuxième livre, Salman Rushdie embarquait le lecteur dans l’Inde qui l’avait vu naître trente-cinq ans plus tôt. Un petit chef-d’œuvre, déjà, cinq ans avant que ses « Versets sataniques » contraignent l’écrivain à l’exil.



  • Vie et destin de Vassili Grossman - Vassili Grossman - « Vie et destin », de Vassili Grossman, un grand roman russe
    Le manuscrit avait été saisi par le KGB au domicile de son auteur, mais une copie a pu être exfiltrée par un dissident. Démonstration implacable des horreurs du stalinisme, cette œuvre majeure est LE roman russe du XXe siècle.



  • L’Insoutenable Légèreté de l’être de Milan Kundera - Milan Kundera - « L’Insoutenable Légèreté de l’être », de Milan Kundera: le fatalisme magnifique
    Dans ce livre qui tient autant du roman que de l’essai, l’écrivain tchèque naturalisé français revient sur l’invasion de Prague par les Soviétiques, en 1968, et dit de quelle manière les destins en sont, nécessairement, affectés.



  • Vies minuscules de Pierre Michon - Pierre Michon - « Vies minuscules », de Pierre Michon, ou la jouissance du verbe
    Dans une langue pointilliste, colorée et odorante, Pierre Michon dresse le portrait de ses aïeux, et nous offre chaque fois le plaisir d’une rencontre et la jouissance de la « belle langue ».



  • L’Amant de Marguerite Duras - Marguerite Duras - Avec « L’Amant », Marguerite Duras fait d’un récit intime une musique universelle
    L’auteur de « Barrage contre le Pacifique » puise à nouveau dans sa jeunesse indochinoise, qu’elle change en épopée.



  • La Fée carabine de Daniel Pennac - Daniel Pennac - « La Fée carabine », l’effet Daniel Pennac
    L’auteur d’« Au bonheur des ogres » livre un polar inclassable, mâtiné de conte enfantin. Avec un antihéros, Benjamin Malaussène, emblématique du nouveau roman noir.



  • L’Ancêtre de Juan José Saer - Juan José Saer - « L’Ancêtre », de Juan José Saer : un monument pour des Indiens disparus
    Dans une langue admirable, « L’Ancêtre », de Juan José Saer, ressuscite une civilisation perdue.



  • Autobiographie de mon père de Pierre Pachet - Pierre Pachet - « Autobiographie de mon père », de Pierre Pachet, portrait d’un tyran domestique
    L’auteur dissèque sans complaisance la figure paternelle et convoque les fantômes de son passé. Poignant et inoubliable.



  • Mourir m’enrhume d’Eric Chevillard - Eric Chevillard - Avec « Mourir m’enrhume », d’Eric Chevillard, rions un peu en attendant la mort. Le premier livre de l’écrivain démontre qu’il n’y a pas de littérature drôle sans une conscience aiguë de ce qui menace la vie.



  • Le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa - Fernando Pessoa - « Le Livre de l’intranquillité », de Fernando Pessoa : tant de poètes en un. A sa mort, en 1935, l’écrivain portugais laissait en désordre la matière d’un livre, l’une des clés de son œuvre et peut-être du siècle. Recomposée par ses éditeurs, elle est à lire du début à la fin, ou au hasard de son feuilletage.



  • L’Acacia de Claude Simon - Claude Simon - « L’Acacia » : Claude Simon en éclat de guerre. L’écrivain nous offre une exploration de la mémoire, où prévalent, dans un tohu-bohu de participes présents et de parenthèses, les souvenirs de guerre et d’arbres contemplés à la renverse.



  • Beloved de Toni Morrison - Toni Morrison - « Beloved », de Toni Morrison : l’amour à mort d’une mère au temps de l’esclavage. Avec ce livre, qui a reçu le prix Pulitzer 1988, l’auteur propose une plongée dans l’univers des Noirs américains au XIXe siècle.



  • A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie - Hervé Guibert - « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie » : Hervé Guibert écrit contre la montre. La beauté d’un livre impitoyable dans l’attention minutieuse que l’auteur porte à la progression de sa maladie – le sida. A la fois cruel et poignant.



  • Les Champs d’honneur de Jean Rouaud - Jean Rouaud - « Les Champs d’honneur », la Grande Guerre écrite avec grâce par Jean Rouaud. Dans ce superbe premier roman, destins individuels et histoire s’entremêlent. Un écho bouleversant de la souffrance des combattants.



  • Dans le ventre de la baleine de Paul Nizon - Paul Nizon - « Dans le ventre de la baleine » : Paul Nizon, écrivain multimillionnaire en mots. Un récital de littérature pure : jubilation et aussi détresse, ou l’imagination comme refuge et prison.



  • Texaco de Patrick Chamoiseau - Patrick Chamoiseau - « Texaco », de Patrick Chamoiseau, si loin de l’exotisme. L’écrivain antillais se promène en équilibre parfait sur la frontière qui sépare littérature orale et littérature écrite.



  • Garçons de cristal de Bai Xianyong - Bai Xianyong - « Garçons de cristal », de Bai Xianyong, foudroyant de lucidité. Une histoire d’enfants perdus sans collier, portée par une écriture riche et inquiétante, qui fait partie des œuvres rares qui racontent les saccages de l’humanité.



  • Les Grandes Blondes de Jean Echenoz - Jean Echenoz - « Les Grandes Blondes »: Jean Echenoz, poète d’un monde devenu société anonyme. Où le romanesque apparaît comme l’un des derniers espaces qui résistent à la vitrification de notre univers. Un chef-d’œuvre.



  • Le Liseur de Bernhard Schlink - Bernhard Schlink - « Le Liseur », de Bernhard Schlink, sous le sceau du secret. La force du livre est de n’éluder aucune des questions qui naissent du choc entre le présent et le passé, entre l’amour et le mépris, le désir de comprendre et le besoin de condamner.



  • Dora Bruder de Patrick Modiano - Patrick Modiano - « Dora Bruder », de Patrick Modiano, le combat inégal d’un écrivain contre la bureaucratie de l’amnésie. Grâce à ce grand livre, une femme inconnue raflée par les Nazis en 1942 et internée aux Tourelles, à Paris, regagne le début d’une présence.



  • Le Dieu des Petits Riens d'Arundhati Roy - Arundhati Roy - « Le Dieu des Petits Riens », d’Arundhati Roy : la route la plus directe vers l’Inde. Une famille élargie, comme l’Inde en compte encore, voit sa chute précipitée par un drame que le lecteur ne découvre qu’au terme d’un suspense hâletant. Ce livre, construit et écrit avec brio, a révélé Arundhati Roy.



  • Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq - Michel Houellebecq - « Les Particules élémentaires », de Michel Houellebecq : dernière station avant le désert. Un roman qui nous change des romanciers modestes, lesquels considèrent qu’au-delà de deux ou trois idées on se montre impoli envers les lecteurs.



  • Pastorale américaine de Philip Roth - Philip Roth - « Pastorale américaine », de Philip Roth : une tragédie ordinaire. Irréprochable dans sa narration et dans sa construction, ce récit de l’existence lisse d’un non-personnage n’a que l’apparence d’une fresque historique. Il s’inscrit bien dans une œuvre à lire entièrement, à suivre dans ses méandres, de livre en livre.



  • A Suspicious River de Laura Kasischke - Laura Kasischke - « A Suspicious River », une trajectoire mortelle signée Laura Kasischke
    Ce livre raconte une histoire abominable, celle de l’autodestruction d’une fille qui s’identifie à sa mère, prostituée assassinée par son amant et beau-frère. Mais l’univers mental et la poésie de Laura Kasischke fascinent.



  • L’Inceste de Christine Angot - Christine Angot - « L’Inceste », la force Angot
    Dans ce livre, Christine Angot raconte une aventure homosexuelle avec une pneumologue qui dure trois mois. Cet amour a existé. Mais ce qui scandalise ici excède toute affaire d’« atteinte à la vie privée ».



  • Les Anneaux de saturne de Winfried Georg Maximilian Sebald - W.G. Sebald - « Les Anneaux de saturne », de W.G. Sebald : en marchant, en écrivant
    Autobiographie et fiction, passé et présent se mêlent dans cet ouvrage fascinant.



  • L’Adversaire d'Emmanuel Carrère - Emmanuel Carrère - « L’Adversaire », d’Emmanuel Carrère : une révolte et une acceptation
    Le livre dans lequel Emmanuel Carrère a mis le meilleur de tous ses autres livres, comme s’il n’avait écrit jusqu’à présent que pour en arriver enfin là : à ce point de rencontre de l’écriture avec lui-même.



  • Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma - Ahmadou Kourouma - « Allah n’est pas obligé », d’Ahmadou Kourouma,- l’Afrique des enfants-soldats
    Par le biais de son héros et narrateur, Kourouma reprend les effets comiques du schéma picaresque de l’errance auxquels il mêle quelque chose d’obsessionnel, comme si l’enfant-soldat était certain de parler dans le vide d’une réalité trop monstrueuse pour être crédible.



  • Blonde de de Joyce Carol Oates - Joyce Carol Oates - « Blonde », de Joyce Carol Oates : Marilyn réinventée
    Dans ce livre consacré à Marilyn Monroe, l’auteure américaine donne moins une biographie de la star que le roman de la femme telle qu’elle l’a imaginée et recréée.



  • Sourires de loup de Zadie Smith - Zadie Smith - « Sourires de loup » ou l’Angleterre aux saveurs métisses de Zadie Smith
    Ce livre d’une étonnante maturité brosse un tableau terriblement drôle de l’Angleterre de la fin du XXe siècle, à travers les contradictions de ses immigrés.



  • Séfarade d'Antonio Muñoz Molina - Antonio Muñoz Molina - « Séfarade » : les exils d’Antonio Muñoz Molina
    Jean Améry, Margarete Buber-Neumann, Primo Levi, Milena Jesenska, Evguenia Guinzbourg et tant d’autres sont les héros de « Séfarade », magnifique roman sur la persécution et le bannissement.



  • L’Amour, roman de Camille Laurens - Camille Laurens - « L’Amour, roman », de Camille Laurens : une géologie opaque de l’amour
    « L’amour, roman » est l’envers du précédent livre de Camille Laurens, « Dans ces bras-là », et La Rochefoucauld tient ici un rôle central et fédérateur.



  • Vers l’âge d’homme de J. M. Coetzee - John Maxwell Coetzee - « Vers l’âge d’homme », de J. M. Coetzee, quand la poésie naît de la honte et de l’exil
    A travers l’histoire d’un jeune homme qui lui ressemble, l’auteur dépeint sans états d’âme l’Afrique du Sud des années 1960. Et l’apartheid, qu’il décrit comme une « blessure » toujours vive.



  • Une histoire d’amour et de ténèbres d'Amos Oz - Amos Oz - « Une histoire d’amour et de ténèbres » : Amos Oz, un enfant des mots
    Derrière l'itinéraire personnel de l'écrivain, né à Jérusalem en 1939, il y a la trajectoire de tout un peuple. Fils de cette histoire, il se veut la pièce parlante d'un puzzle terriblement compliqué.



  • Le Chevalier inexistant d’Italo Calvino - Italo Calvino « Le Chevalier inexistant », d’Italo Calvino : un conteur italien dans la tradition voltairienne
    Ce conte philosophique autour d’un chevalier du Moyen Age est un divertissement réussi.



  • Délivrez-moi ! de Jasper Fforde - Jasper Fforde- « Délivrez-moi ! » de Jasper Fforde : un polar déjanté
    Après avoir résolu « L’Affaire Jane Eyre », le détective Thursday Next est confronté dans « Délivrez-moi ! » à la réapparition de « Cardenio », une pièce de Shakespeare. Un chef-d’œuvre d’humour et de loufoquerie.



  • Fuir de Jean-Philippe Toussaint - Jean-Philippe Toussaint - « Fuir » : Jean-Philippe Toussaint explore la face sombre de l’exotisme
    Shanghaï, Pékin, l’île d’Elbe. Jean-Philippe Toussaint se joue de l’espace, resserre le temps, croise les hasards et les sentiments. Il démontre surtout, à nouveau, son art de rendre le monde à sa densité, à ses mystères, à sa contingence.



  • Les Bienveillantes de Jonathan Littell - Jonathan Littell - « Les Bienveillantes », de Jonathan Littell : nos « frères humains » les bourreaux



  • Accouplement de Norman Rush - Norman Rush - « Accouplement », de Norman Rush, ou le songe d’une cité idéale
    L’histoire utopique et sans illusion d’une jeune anthropologue américaine en voyage au Botswana.



  • Les Disparus de de Daniel Mendelsohn - Daniel Mendelsohn - « Les Disparus », de Daniel Mendelsohn : ils étaient six parmi des millions
    Le romancier est l'auteur d'une vertigineuse enquête sur les membres de sa famille exterminés par les nazis.



  • Les Années d’Annie Ernaux - Annie Ernaux - « Les Années », le livre d’une vie d’Annie Ernaux
    Avec ce « roman total » qui mûrissait depuis plus de trente ans, l’auteur de « Passion simple » rassemble de façon magistrale toutes ses mémoires.



  • 2666 de Roberto Bolaño - Roberto Bolaño - « 2666 », de Roberto Bolaño : un enfer à ciel ouvert
    Quand le romancier tire une fresque apocalyptique d’un sanglant fait divers mexicain.



  • Brothers de Yu Hua - Yu Hua - « Brothers », de Yu Hua : plongée dans le bouillon de l’Histoire
    Dans « Brothers », l’écrivain chinois voulait rendre compte d’une expérience sans équivalent : le passage de Mao à Hu Jintao, en une seule génération.



  • Une femme fuyant l’annonce de David Grossman - David Grossman - « Une femme fuyant l’annonce », de David Grossman : écrire pour conjurer la perte d’un fils
    Il y a quelque chose de troublant à ouvrir cet ouvrage de l’écrivain israélien. Celui qui a sauvé sans sauver, 600 pages serrées, magnifiquement traduites, à la fois hommage et tombeau, hymne à la vie et oratorio de la douleur.



  • Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari - Jérôme Ferrari - « Le Sermon sur la chute de Rome », de Jérôme Ferrari : drôle d’abîme
    Avec « Le Sermon sur la chute de Rome », l’écrivain fait d’un bar corse la scène d’un superbe roman sur les espérances déçues. Noir et caustique.



  • Heureux les heureux de de Yasmina Reza - Yasmina Reza - « Heureux les heureux », de Yasmina Reza : un rire de barrage
    Dans « Heureux les heureux », la romancière et dramaturge, au sommet de son art, met en scène une petite troupe de personnages en guerre contre leur vie même, et que seul l’humour soutient.



  • La Fin de l’homme rouge de Svetlana Alexievitch - Svetlana Alexievitch - « La Fin de l’homme rouge », de Svetlana Alexievitch : un tombeau littéraire de l’URSS
    Biélorusse née soviétique, elle a recueilli la parole des soldats de la guerre en Afghanistan ou des victimes de Tchernobyl. Avec « La Fin de l’homme rouge », elle dresse un magnifique tombeau littéraire de l’URSS.



  • Le Chardonneret de Donna Tartt - Donna Tartt - « Le Chardonneret », de Donna Tartt : de haute volée
    Le détenteur malgré lui d'un fameux tableau hollandais, et ses aventures, inspirent à l'Américaine « Le Chardonneret », un gros roman envoûtant.



  • Une enfance de rêve de Catherine Millet - Catherine Millet - « Une enfance de rêve », de Catherine Millet : la toute première foi
    Dans « Une enfance de rêve », l’écrivaine raconte ses jeunes années et éclaire ainsi notre vie à tous. Un chef-d’œuvre.



  • Le Puits d’Iván Repila - Iván Repila - « Le Puits », d’Iván Repila : la fable de deux enfants qui ne veulent pas mourir
    Le Puits » est une fable qui s’incarne si concrètement que sa lecture constitue une épreuve physique : la suffocation et le dégoût sont les sensations dominantes, et pourtant, ce livre est un enchantement.



  • Vernon Subutex de Virginie Despentes - Virginie Despentes - « Vernon Subutex », de Virginie Despentes : colère intacte
    Précis, drôle et sans concession Virginie Despentes, colère intacte.



  • Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie - Chimamanda Ngozi Adichie - « Americanah », de Chimamanda Ngozi Adichie : les tribulations d’une « Noire non américaine »
    La romancière brosse un portrait des Etats-Unis et de ses minorités noires d’une férocité et d’une tendresse inouïes. A rebours des clichés, elle croque aussi avec délice les contradictions de la société nigériane et de sa diaspora.



  • Le Géant enfoui de Kazuo Ishiguro - Kazuo Ishiguro - « Le Géant enfoui », de Kazuo Ishiguro : sous la brume, l’amour
    L’auteur des « Vestiges du jour » emprunte aujourd’hui aux codes de la fantasy pour raconter une passion que rien, ni l’âge ni l’oubli, ne peut altérer. C’est le merveilleux « Géant enfoui ».



  • Le Lambeau de Philippe Lançon - Philippe Lançon - « Le Lambeau », de Philippe Lançon : après « Charlie », le journal du deuil
    Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.


  • Voir également la sélection du Prix Goncourt 2021